Ouf, on y est arrivé.
La connexion est ok !
La chronique reprend.
Il s’en est passé des choses depuis mercredi.
D’abord, le camion est arrivé. Le camion rouge dans lequel les plantes du jardin du Morvan sont chargées :
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Une fois de plus, l’équipe est formidable :
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Et puis, on est parti. On a quitté chez nous… Pour aller à Courson.
Chez nous :
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Courson :
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Le Camion, les plantes, le tout dans le potager de Courson, derrière le stand…
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Un petit bout du stand hier, jeudi soir :
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Ce matin, Thierry, très pro, fait un dernier briefing. Présentation du stand. Rodage de l’équipe...
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Hérisson a tout dit. Le départ, l’arrivée.
Aujourd'hui, la fête commence ! Pour les détails pratiques, voir www.coursondom.com.
En attendant, Germinal, notre critique botanico-littéraire, nous parle du livre qu'il a aimé.
Le livre :
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Germinal :

Sa parole : Un Dernier jardin, de Derek Jarman
Printemps 1986 : Derek Jarman, peintre, cinéaste et écrivain britannique, part en repérages avec un ami dans la campagne du Kent. Il est malade, il sait qu'il ne guérira pas. Au détour d'une route côtière, ils remarquent une maisonnette de pêcheur plantée au milieu de nulle part. “ Si jamais elle était à vendre, dit Jarman sans réfléchir, je crois bien que je l'achèterais”. S'approchant de la maison, badigeonnée au goudron, porte et fenêtres jaune canari, ils voient le panneau "A Vendre" ...
Un Dernier jardin, le dernier livre que Derek Jarman ait écrit, conte la naissance d'un jardin improbable, dans un endroit improbable : les étendues plates et désolées du cap de Dungeness (juste en face de Boulogne sur Mer), royaume minéral dont le seul relief naturel est celui des champs de galets, que dominent un phare et deux centrales nucléaires, présences fascinantes et inquiétantes à la fois.
La maison s'appelle "Prospect Cottage", qu'on pourrait traduire par "Bellevue", cela ne s'invente pas ; mais, raconte Jarman, “c'est cette désolation même qui m'a fait tomber amoureux de l'endroit”. Le jardin commence avec la plantation d'une églantine, tuteurée avec un piquet de bois flotté...
Le livre est la chronique de la naissance de ce "dernier jardin", des débuts en 1986 jusqu'à la dernière année de la vie de Jarman. Au fil des pages, ornées de somptueuses photos qui montrent le jardin en toutes saisons et à tous les stades de son élaboration, on voit jaillir des galets crambes (choux marins), sedums, fenouils, pavots, santolines, sans oublier les coquelicots, émouvants de simplicité, la valériane, plante "sexy" selon Jarman, ou la vipérine — naturellement présente à Dungeness, et qui donne l'occasion à l'artiste jardinier de méditer sur l'intérêt crucial qu'il trouve à s'appuyer sur les plantes indigènes pour bâtir son jardin.
Ce jardin extraordinaire, contrairement à ce que l'on pourrait penser, n'est pas une oasis excentrique, ni une bizarrerie un peu mièvre ; c'est, au sens fort du terme, un lieu de vie, un lieu inspiré. L'auteur, passionné de jardinage depuis son enfance mais également peintre et écologiste convaincu, y a dessiné des motifs géométriques complexes, au premier rang desquels on notera ses fameux "cercles magiques", faits de silex dressés, ou de buissons d'ajoncs épineux et odorants.
Ce jardin, signe flagrant du travail et de l'inspiration d'un jardinier averti travaillant en milieu hostile, n'en semble pas moins en parfaite harmonie avec le désert qui l'entoure. Jardin ouvert, sans barrières, sans haies, avec pour toute architecture les galets, les silex et les bois flottés de la grève. Jardin poétique aussi, indéniablement : ici et là, un vieil outil de jardin rouillé, emmanché sur un branchage, paré d'un collier de galets percés, se fait sculpture ou totem. Jardin de poète, enfin : sur le pignon sud de la maison, un ami reproduit l'impertinent poème que John Donne (17ème siècle) adressa au soleil levant...
Voilà un livre que seul un Anglais pouvait écrire. Ils sont forts en jardinage, les Anglais. Mais ce livre n'est pas un livre de jardinage, pas vraiment, ou pas seulement : “Le paradis hante les jardins, écrit Derek Jarman, il hante le mien”. Au soir de sa vie, dans un environnement que d'aucuns qualifieraient plus volontiers d'enfer que de paradis, Jarman a créé son improbable Eden. Voilà un homme qui s'est préparé à mourir, en consacrant ses dernières forces à faire naître son jardin. Un Dernier jardin est effectivement plus qu'un livre de jardinage, c'est l'éblouissante illustration d'un art de vivre.
[Un Dernier jardin, par Derek Jarman, 1995, photographies de Howard Sooley.
144 pages, 150 illustrations, dont 90 en couleurs. Éditeur : Thames & Hudson.
Vu à environ 21 Euros sur www.amazon.fr].
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