Hier on a vu que dans le Morvan
certaines plantes pourtant très robustes
ont souffert du froid cet hiver :
les ronces, du chiendent, des narcisses et même mon cognassier du Japon !
Que c’est il donc passé ?
Ces plantes ont toutes un point commun : elles étaient déjà en feuilles à la fin janvier, juste avant le grand gel de février.
Cela nous met sur la piste. Ou plutôt sur deux pistes.
1) la première explication concerne celles des plantes à feuillage persistant qui, trompées par un temps exceptionnellement doux à Noël, se sont comportées comme au printemps et commencées à pousser comme des dératés.
Cas typiques : mon cognassier du Japon, mes narcisses et le chiendent du cantonnier.
Comme elles se croyaient au printemps, elles ont commencé à pousser et leur feuilles se sont gorgées de sève…
Une sève trop riche en eau.
Et l’eau, ça gèle.
Quand le froid est tombé d’un coup en février, elles n’ont pas eu le temps de s’adapter (i.e. se doter d’une sève moins riche en eau et plus riche en sels minéraux).
Du coup, les cellules des feuilles ont gelé…
Cognassier du Japon dans son état normal, à la fin de l’hiver dans le Morvan : (cliquez sur le joli cognassier qui fleurit sous la neige)
Cognassier du Japon cette année, à la fin de l’hiver dans le Morvan : (cliquez sur le cognassier tout moche de cette année)
Narcisse dans son état normal, à la fin de l'hiver dans le Morvan : (cliquez sur le p'tit narcisse tout joli, même sous la neige)
Narcisse pas du tout dans son état normal, à la fin de l'hiver cette année
(cliquez sur le narcisse gelé de cette année)
Heureusement :
- des hivers d’abord incroyablement doux jusqu’à la fin janvier, puis glacés d’un coup en février, c’est très rares
- les narcisses et les cognassiers du Japon sont robustes. Ils reprendront vite le dessus
(malheureusement, le chiendent aussi).
2) Deuxième explication, celles qui concerne les plantes à feuillage persistant plus prudentes et donc moins gavées cet hiver de sève riche en eau et qui pourtant ont souffert du froid.
Cas typique : les ronces du talus de la petite route qui mène à la pépinière.
Les ronces savaient parfaitement que Noël doux ou pas, ce n’était pas déjà le printemps.
Leur feuilles étaient restées vertes, certes, mais sans excès.
Il y avait très peu d’eau dans leurs cellules… Juste ce qu’il faut.
Pourquoi alors ce froid soudain les a abîmé ?
L’hiver a plus d’un mauvais tour dans son sac…
Il n’y a pas que le gel. Il y a la soif.
Les feuilles de ronces n’ont pas « gelé » parce qu’elles avaient trop d’eau dans leur cellules… Elles ont souffert parce qu’elles ont faillit mourir de soif !
Paradoxe ? Pas du tout.
Réfléchissez : en hiver, quand vous marchez face au vent froid, la peau de votre visage sèche très vite.
Heureusement, quand vous rentrez chez-vous, tout se rétabli avec une bonne tasse de thé.
Dans le pire des cas, une crème sur le visage réhydrate la peau.
Une feuille de ronce, c’est pareil que votre visage.
Si elle subit un temps très froid, très sec et avec un vent d’Est glacé, elle se déshydrate.
Seulement, pas question pour elle de boire un bon coup d’eau pour compenser cette déshydratation : les racines sont figées dans un sol complètement gelé.
Et pas de crème de soin du visage non plus…
Du coup, la feuille sèche peu à peu.
Quand le beau temps revient, elle est à moitié brûlée…
Cramée, la ronce…
Bon, pas de panique pour les ronces du Morvan.
Des hivers comme ça, elles en ont déjà vu.
Dans quelques semaines, elles seront aussi casse-pied qu’avant.
On résume :
- dans le Morvan, certaines plantes à feuillage persistant ont souffert cet hiver… Et sont bien vilaines maintenant
- mais la plupart d’entre elles surmonteront ce petit désagrément (dommage pour le chiendent…).
Il en est de même pour bien des plantes rustiques à feuillage persistant dans vos jardins.
Bon nombre a triste mine pour l’instant.
Mais les vraies rustiques (celles des bons pépiniéristes…) reprendront vite des couleurs.
On en dira plus lors de la prochaine chronique.
Moi, je ne suis pas comme Thierry.
Les ronces, j’adore.
Surtout en septembre. (cliquez sur mon sandwich)



humour et pédagogie bienvenus
merci !
Rédigé par : églantine | ven. 09 mar 2012 à 09h04
Je suis d'accord, concernant la sécheresse due au froid. J'ai observé également cela sur les agrumes. J'ajouterai que tout un tas de paramètres entrent en jeu lorsqu'il s'agit des dégâts du gel: l'influence des talus, des haies, du couvert des arbres, est très importante. Je me suis rendue compte qu'en forêt, par exemple, où l'amplitude thermique est diminuée par l'abri des arbres, bien qu'il ait gelé et neigé, les dégâts ont été bien moindres qu'en terrain découvert. Je crois que le pire est: soleil-gel, soleil-gel, etc...
PS: encore merci pour vos conseil avisés et détaillés concernant le plastique pour serre
Rédigé par : allongue claudette | jeu. 08 mar 2012 à 15h37
Moi, j'aime bien quand le "jardin du Morvan" nous parle. D'ailleurs, je suis toute regaillardie et je file au jardin pour aider les plantes à surmonter leur traumatisme (il est tombé 7mm cette nuit, ça va aller mieux).
Parlez-nous encore...
Rédigé par : Epilobe | lun. 05 mar 2012 à 14h26
Quand même, j'ai hâte que le printemps arrive pour voir ce qu'il en est de mes plantation d'automne ... Heureusement, mes plants viennent du meilleur des pépiniéristes !
Rédigé par : Eugénie Laurent-Billotte | sam. 03 mar 2012 à 11h36
Ah que j'aime ces explications :)))
Merci Thierry !
Rédigé par : Françoise Lepennetier | ven. 02 mar 2012 à 16h06