Aujourd'hui, on répond au courrier.
Celui de Béatrice B.
Elle nous écrit :
« Que puis-je planter sous mon tilleul, plantes qui fleurissent de préférence en Aout au moment de mes vacances. Mon tilleul doit mesurer au moins 10 mètres de haut et d'un rayon de 5 à 6 m. »
Voila son tilleul :
(cliquez sur le tilleul de Béatrice)
Bel arbre, déjà… Qui grandira chaque année, en branches, feuilles et racines !
Les branches, on peut couper les plus basses ; les feuilles m’embêtent personne.
Mais les racines… Elles sont là.
Et il y en a bien plus qu’on ne le croit.
Elles sont juste sous la terre. Et s’écartent au moins aussi loin que l’aplomb des dernières branches. Peut-être plus.
Les racines des arbres, en été, ça boit énormément. Tant que la terre est humide, en été, un tilleul comme celui-ci boit bien 100 litres d’eau par jour…
Et quand la terre devient sèche, le tilleul pompe ce qui reste au fond du verre, jusqu’à la dernière goutte.
Que va-t-il rester pour les fleurs ?
Bien sûr, ce n’est pas si grave quand la terre est profonde. En Picardie, par exemple, la terre est riche, il y en a beaucoup et elle garde longtemps l’eau en été.
Arbres et fleurs ont donc chacun leur ration et ne se font pas trop concurrence.
De même, en altitude, sur les hauteurs des Vosges ou du Massif central, le soleil brille mais ne dessèche pas. Et il pleut même en été, chaque année. Bref, là encore arbre et fleurs vivent en bonne intelligence
En Bretagne, en Normandie, il fait un temps agréable en été. Ni trop chaud, ni trop froid. Rarement trop sec. Arbres et fleurs font souvent bon ménage…
Dans le Nord de la France, le climat est aussi plutôt tempéré en été, avec une terre aussi profonde qu’en Picardie et une atmosphère aussi vivifiante qu’en montagne. La terre reste donc un peu humide en juillet et août. Fleurs et arbres ne cohabitent en général pas si mal…
Mais ailleurs…
Là où la terre est maigre, peu profonde.
Là où le soleil cogne dès juin et brûle en juillet
Là où l’arrosage est rationné… Arbres et fleurs se font la compète !
C’est à celui qui boira et mangera le plus, le plus vite. Sans laisser de miettes.
Tant pis pour le petit. Il n’avait qu’à pousser plus loin.
Cette longue introduction nous fait bien comprendre que vouloir des fleurs sous un tilleul, ce n’est pas toujours simple.
Il va falloir faire un choix subtil.
Des plantes qui tolèrent la concurrence des racines des arbres même si le climat et la terre ne sont pas très favorables, il y en a :
- Toute les plantes du chapitre III de www.jardindumorvan.com
- les 6 derniers Geranium du chapitre IV de www.jardindumorvan.com
- Les 6 premières graminées du Chapitre V de www.jardindumorvan.com
Ca fait déjà du choix ! Dans un terrain et un climat pas trop sec, la majorité vont pousser (en les aidant un peu, un tilleul, c’est un arbre pas commode, sous un pommier ou un poirier, cela aurait été plus facile).
Un autre jour, on expliquera comment "aider" les plantes qui poussent sous les arbres (même méchant, comme les tilleuls, les marronniers et les bouleaux)
Seul souci : Béatrice B veut non seulement des fleurs sous son tilleul, mais elle les veut fleuries l’été !
Là, c’est plus difficile. Il y en a, certes, mais peu.
Les Dicentra Percy Picton (n°120) et eximia (n°121) font parti du lot :
(cliquez sur le Dicentra Percy Picton)
(cliquez sur le Dicentra eximia)
En général, les plantes qui poussent sous les arbres sont surtout fleuries au printemps (quand l’arbre boit moins) et ont un beau feuillage en été. Ce qui est d’ailleurs très joli aussi.
Je recommanderais donc plutôt des plantes fleuries au printemps, à beau feuillage en été :
Les Pachysandra (surtout Green Carrpet n°143, bien plus joli que les Pachysandra ordinaires). Ses feuilles restent toute l’année, même en hiver.
(cliquez sur le tapis de Pachysandra)
L’Epimedium Frohnleiten n° 124, ou l’Epimedium Sulphureum n° 126. Eux aussi sont aussi beaux en été qu’en hiver.
(cliquez sur l'Epimedium Frohnleinten)
(cliquez sur l'Epimedium Sulphureum)
Soyons plus chic : l’Epimedium alpinum n° 123 que Louis XIV avait fait planté par centaines de millers sous les tilleuls de Versailles :
(cliquez sur l'Epimedium royal)
A savoir : quand on plante un Epimedium alpinum °123 en automne, on est surpris : il semble mou comme tout. C’est un fausse apparence, en fait, motte molle ou pas, il a un moral d’acier et des racines de bronze.
Mou ou pas, il cavalera !
Un autre indestructible : le Disporopsis pernyii n°122, un cousin du muguet qui garde ses feuilles en hiver et fleurit 3 fois plus longtemps
(cliquez sur le cousin du muguet)
Une autre plante spécial tilleul ? Waldsteinia ternata n °156, si beau l’hiver :
(cliquez sur le Waldsteinia ternata)
Aussi costaud que le Lierre mais pas envahissant. Couvert d'or au printemps.
Et ne grimpant pas sur le tronc !
Toutes ces plantes pousseront aussi bien à l’ombre légère qu’au soleil non brûlant : ce que l’on a sous un arbre isolé comme le tilleul de Béatrice.
Thierry a bien conseillé.
Sous le tilleul, ces plantes vont tapisser.
Et seront bien jolies en feuilles en été.
Le Dicentra sera fleurit, lui, autant au printemps qu’en juillet. Il faudra l’aider un peu bien sûr… Comme Thierry vous la dit, on en reparlera.
Mais… Quand même, plus de fleurs en été, ce serait sympa.
Je serais Béatrice B, je ferais un autre massif, juste à côté du tilleul : là où les racines sont moins à craindre.
A un mètre de l'aplomb des dernières branches, cela devrait donner de bons résultats (si le sol est peu profond, les racines du tilleuls vont plus loin que l’aplomb de la dernière branche, si le sol est profond, les racines se calment souvent un mètre après les dernières branches…)
Là, je verrais bien un truc comme ça :
(cliquez sur le bien joli massif)
C’est le massif qui borde le gros châtaigner du Jardin du Morvan, à l’entrée de la pépinière.
(Un châtaigner, c’est aussi racines-casse-pied qu’un tilleul).
Dans ce massif, on reconnaît :
- la Verbena bonariensis n° 101, en fleurs de juin à la Toussaint
(cliquez sur la Verbena bonariensis)
- Le Rudbeckia triloba n ° 83, fabuleux du début août à la Toussaint
- Le Tricyrtis macropoda n ° 150, exquis lui aussi du début août à la Toussaint
(cliquez sur le Tricyrtis)
- l'Aster divaricatus, qui fleurit dès la fin juillet (attention : on l'éloignera un peu du tilleul car il fleurit moins s'il y a trop de racines)
(cliquez sur l'Aster divaricatus)
- et bon gros Sedum Autumnn Joy n° 92, brocoli tendre en été, rouge brique en automne.
Lui supporte à peu près tout s’il a du soleil
(cliquez sur le bon gros)
Loin des arbres, ces fleurs tiennent plutôt bien à la sécheresse. Près du tilleul, elles auront un peu plus soif, mais sans excès.
Plantées dès maintenant, elles auront le temps de bien s’enraciner et tiendront le coup l’été prochain.
Béatrice B est une bonne jardinière et aime ses plantes : elle leur donnera un peu d’eau quand elle sera en vacances, près de son tilleul garni et son massif fleuri.
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