Encore de la pluie !
Tiède et douce.
Toute la nuit.
Du coup, le pépiniériste est heureux. Il po-si-tive !
Les pépiniéristes sont gents bizarres : ils aiment la pluie de mai.
Pire, ils l’aimeraient encore plus en juin !
Des fous. Qui ne pensent pas « week-end barbecues » mais arbres, racines et croissance.
Des fous qui n’aiment pas voir leurs fleurs bronzer avant l’heure.
Le sec, le chaud, c’est bien et juste… mais qu’une fois passée la mi-juillet.
Passée la Fêt-Nat, tout est prévu dans la nature pour que l’herbe soit tartine grillée sans risque et sans dommage.
Même les grands arbres sont adaptés à la sécheresse estivale : ils s'arrêtent spontanément de pousser fin juillet (le premier cercle), font la sieste en août quand tout est sec et repoussent avec la rosée de septembre (le second cercle).
Oui, qu’il fasse chaud et sec pendant les grandes vacances, c’est dans l’ordre de la nature. Sécheresse d'été ne fait pas de mal.
Mais en mai, en juin, c'est une autre histoire. l’herbe doit boire. Les arbres aussi.
En juin, un chêne engloutit 500 litres d’eau dans l’après-midi.
Chez bon nombre de plantes vivaces, c'est la même chose qui se passe.
En juin, vos Delphiniums ne sont jamais aussi beaux qu’après une ondée. En revanche, un coup de sec en été ne les trouble pas : ils ralentissent, voila tout. Et repoussent avec enthousiasme avec la fraicheur de septembre. Tandis qu'une sécheresse précoce de mai ou de juin les affolent. Parfois même les tuent.
Chez les Geranium vivaces, on constate le même phénomène. Une sécheresse précoce rend leur floraison mesquine. Alors qu'une sécheresse d'été ne les embêtent pas (on les coupe, ils repoussent !) Pareil pour les campanules.
On résume : pluie de mai et pluie de juin sont douces. Entre deux ondées, le soleil brille. Les vivaces sont heureuses et fleurissent longtemps.
Les jardins sont beaux, les jardiniers heureux.
En revanche, sécheresse de mai et de juin affole la nature. Rien ne s'accompli correctement. Les floraisons sont courtes et les souches souffrent.
On comprend alors pourquoi, en juin, les pépiniéristes aiment la pluie.
(cliquez sur le p'tit Delphinium entre deux ondées)
Les belles-sœurs des pépiniéristes, elles, préfèreraient l’ambiance St Trop avant l'heure.
On grille une heure d’un côté, on retourne et rebelote sur l’autre face. On crème et on recommence. Le tout dans un jardin calciné. Passionnant…
Ce genre de météo juin-torride que l’on a eu en 2003, 2005, 2006… Bon pour la bière, les belles sœurs et les glaces.
Pas bons bons pour les jardins (un Delphinium, c’est plus beau en fleurs que torréfié).
Tout ça pour dire que le temps qu’il fait aujourd’hui dans le Morvan profond plait à Thierry.
Une dernière photo, en droite ligne du jardin de Christiane :
Quand je vous disais que l'eau rend heureux !
Prochaine chronique : dans 40 jours !
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