Après Courson, le Jardin du Morvan continu.
Mai, c'est le grand mois du bouturage des plantes vivaces..
Ici, on voit Vanessa et Charlotte qui prélèvent des boutures sur une touffe d'euphorbe. L'euphorbe, vous l'avez reconnu : c'est L'Euphorbia griffithi 'Dixter'.
La couleur de cette euphorbe est parfois plus intense, ou plus douce. Tout dépend de la lumière. Elle est en fleurs depuis 4 semaines dans le Morvan. Et le restera jusqu'en juillet (avril-mai-juin : presque 3 mois !).
Inutile de couper les fleurs fanées : en été, de nouvelles pousses colorées recouvrent le tout. La touffe garde ainsi belle allure jusqu'à la fin de l'été.
Avec l'automne, le feuillage prend des allures d'érables.
En hiver, on coupe les tiges fanées. Tout repousse au printemps.
Euphorbia 'Dixter' est très rustique (seul les pieds les plus âgés sont parfois sensibles au gel ; mais seulement dans les pays très froids). En revanche, elle n'aime pas les sécheresses prolongées qui font tomber prématurément son feuillage.
Longtemps, les pépiniéristes et les jardiniers l'on confondu avec sa cousine, l'Euphorbia 'Fire Glow'. Mais il s'agit bien de deux variétés différentes. 'Dixter' est compacte, 'Fire Glow' s'étale plus. 'Dixter' est rouge orangé (la couleur est plus ou moins intense, on l'a vu, en fonction de la lumière) alors que 'Fire Glow' est orange... Chrisopher Llyod avait écrit des pages très claires sur le sujet. Et il s'y connaissait : c'est lui qui a sélectionné 'Dixter'.
Je laisse maintenant à la parole à Germinal...
Germinal : "le critique littéraire qui aime les livres avec beaucoup d'images dedans".
"Lire c'est bien, faire lire les enfants, c'est mieux, leur faire lire des livres sur la nature, c'est le fin du fin de la pédagogique attitude.
Quand les livres que l'on choisit pour nos chères têtes blondes sont écrits et illustrés par Anne Möller, on est proche de la perfection.
J'ai dévoré pour vous deux ouvrages qui viennent de sortir en français (l'édition originale allemande date de 2004) .
Ouvrons ensemble le premier : Les Graines, de grandes voyageuses
Que voit-on ?
Tout d'abord, de très, très belles images, que dis-je, de véritables tableaux, utilisant gouache, papier découpé ou subtilement déchiré, encres…
L'intérieur de la couverture est déjà un régal pour les yeux. Sur ces fonds magnifiquement colorés, les détails importants sont dessinés avec beaucoup de finesse et de précision : l'ensemble est saisissant de beauté, et de clarté, génial!
La démarche est d'une simplicité… enfantine. A partir d'un premier chapitre d'une demi-page qui pose la question cruciale, comment les graines voyagent-elles?, ce très joli album de trente-six pages passe en revue tous les cas de figure : "propulsées comme par un ressort", "emportées par le vent", "passagères de taxis insolites", "rejetées dans les crottes"… Dix petits chapitres en tout, d'une double page chacun, avec toujours cet équilibre ravissant entre images enfantines et détails très finement représentés, propres à éduquer nos naturalistes en herbe sans douleur. Le vocabulaire est toujours simple : par exemple, les graines sont, suivant les cas, équipées de "parachutes" (pissenlit, chardon), d'"hélicoptères" (tilleul, frêne, érable…), ou voyagent en taxi sur le dos des fourmis, comme les graines de violette, non sans payer leur course, sous la forme d'une huile savoureuse, qui aide les industrieux insectes à passer l'hiver!
Cet album se clôt sur deux doubles-pages où le jeu consiste à identifier des arbres, puis à leur faire correspondre feuille et fruit.
Je vous le dis, c'est un régal!
Le deuxième volume de cette série s'intitule : Les insectes, d'ingénieux bâtisseurs, et partage toutes les qualités du premier.
On découvre les techniques ébouriffantes qu'utilisent la cigarière et le bousier, deux scarabées qui ont dû faire les Ponts et Chaussées, au moins. Le premier roule les feuilles des arbres pour mettre ses œufs à l'abri, le second a le don de métamorphoser une bouse en doux cocon pour sa progéniture !
On admire le savoir faire artisanal de l'abeille potière, qui, nous dit-on, a inspiré les Indiens d'Amérique ; on reste baba devant l'ingéniosité de l'osmie bicolore, une abeille solitaire, qui loge sa larve dans une coquille de colimaçon vide soigneusement aménagée par ses soins…
Les huit courts chapitres de cet album sont tous aussi intéressants les uns que les autres, et toujours ornés d'illustrations belles et clarissimes.
Les deux volumes sont complétés par une courte bibliographie, à l'adresse des enfants, et des adultes.
[Les Graines, de grandes voyageuses ; Les Insectes, d'ingénieux bâtisseurs deux albums d'Anne Möller,
Gulf Stream Éditeur, dans la collection Dame Nature, 11,5€ le volume.]
On l'aura compris, Germinal adore les livres d'images, et vous recommande chaudement ceux d'Anne Möller. Cet été, les enfants et petits-enfants des blogueurs botanico-toniques ne bronzeront pas idiot.
Merci qui ? Merci Germinal !
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Oui, chère Janet, je le connais le livre sur la taupe qui se fait faire caca sur la tête, il est très très rigolo. Il y a des gens qui ne jurent que par l'humour anglais ; moi, je trouve l'humour allemand très bien aussi !
Barnabé, jardinier en herbe (et du futur), dix mois et deux jours.
Rédigé par : Barnabé | mar. 23 mai 2006 à 14h35
Merci Germinal pour vos critiques botanico-littéraires.
Inaugurer la série par "Un Dernier jardin" de Derek Jarman pour embrayer sur ces deux livres pour enfants (merci aux enfants des amis de songer à me les prêter…) ne manque pas d’intérêt.
Ce qui meut et émeut le jardinier remonte parfois de bien profond, du jardin des grands-parents au livre d’enfant mille fois relu, à….
Je serais d’ailleurs drôlement curieuse de connaître La raison du Premier coup de pioche ou Le choix de la Première plante, parmi nos compères blogueurs du JDM. Chiche ou pas chiche?
Mais ne craignez rien, même si les vieux clichés sur la germination du futur jardinier dans son terreau me traverse très vaguement l’esprit, loin de moi l’idée de partir sur ces pentes savonneuses.
Il n’empêche que lorsque j’arrive dans mon jardin, après des semaines d’absence, cela m’amuse toujours de découvrir, dans quelques recoins, un genre de palimpseste du jardin de ma grand-mère, dans les frémissement d’heuchères et d’hémérocalles (« Kwanso », cher Thierry Denis !) ou les réseaux de fraisiers des bois.
Retour au labeur, bonne journée à tous,
Rédigé par : alticola solaris | mar. 23 mai 2006 à 11h51
pour accompagner ces deux merveilles (mais avec accord parental car très scatologique):
De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête
Werner Holzwarth/Wolf Erlbruch
(édition originale allemande aussi, de 2001),
chez Milan jeunesse, 1er trimestre 2006, 8 euros l'un.
parce que Germinal, les taupes, ça existe!
Rédigé par : janet | mar. 23 mai 2006 à 07h32